Jean Daive, Marcel Czermak

De plus loin que la mélancolie

Essais

 

PRÉSENTATION
Dans ces entretiens enregistrés pour France Culture de 1991 à 1996 à l’Infirmerie Spéciale de la Préfecture de Police puis à l’hôpital Sainte-Anne, Marcel Czermak, psychiatre psychanalyste, et Jean Daive, écrivain, radiographient ensemble, chacun dans son registre de parole — analytique pour l’un, phonétique pour l’autre —, un nouveau « malaise dans la civilisation », tel que le donnent à interpréter les pathologies psychiques auxquelles Marcel Czermak est confronté aux urgences psychiatriques : disparition, délire de négation, égarement, phobie, traumatisme, deuil, mélancolie, psychose… Les patients sont parfois présents dans la pièce, et leurs voix donnent relief à ce que Fitzgerald nommait « la fêlure » (The Crack up), ces coups qui viennent du dedans et « qu’on ne sent que lorsqu’il est trop tard pour y faire quoi que ce soit ».
Écouter, soigner en écoutant, entendre les bouches qui ne parlent pas ou qui parlent sans s’ouvrir est le travail de Marcel Czermak. La clinique et la pratique de la cure lui permettent de faire apparaître les structures individuelles et transindividuelles à partir desquelles se lève un diagnostic sombre sur notre temps.

 

 

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution du nouvel ouvrage de

 

Raphaël Tyranowski 

(docteur en psychologie et psychopathologie, psychanalyste, secrétaire général de l’Ecole psychanalytique de Sainte Anne)

 

 

Les temps du délire

 

 

Présentation:

Le spectre de la folie hante l’homme occidental. Née pour conjurer cette menace, la psychiatrie mise aujourd’hui sur un savoir médical déshumanisé qui, par la trivialité de sa technicité et par son pragmatisme scientifique, dilue la question du délire dans une sémiologie psychiatrique superficiellement rassurante. Or, l’effet en est d’autant plus redoutable, qu’à ne plus savoir penser ce qu’est le délire, c’est le délire qui se met à nous penser. Notre culture télécommandée, numériquement pulvérisée, où la démarcation entre le délire et la rationalité n’a jamais été si évanescente, définit ainsi un enjeu clinique majeur : soigner la psychose dans le monde qui pousse à la folie. Face à ce défi, le praticien ne peut se trouver que désarmé, car en enfermant l’incidence du délire dans une pure extériorité biochimique du cerveau, la médecine se prive de la possibilité même de pénétrer dans l’architecture raisonnée de cette extériorité à soi qui caractérise effectivement le sujet délirant, et plus largement la psychose. Pour remédier aux risques de cette errance, l’ouvrage entend se situer dans une perspective théorique inusitée qui est celle de l’étude de la constitution subjective du délire dans le temps. Le chemin qu’il propose mobilise la psychanalyse structurale et la philosophie transcendantale dans une relecture attentive de la clinique classique du délire. Ce chemin conduit à découvrir une profonde solidarité structurale de la subjectivation et de la temporalisation. La clinique du temps qui s’en dégage alors renouvelle l’abord structural de la psychose en indiquant le sens et la portée d’une véritable thérapeutique contemporaine.

 

L’ouvrage  est désormais disponible en librairies et en ligne