Qu’est ce qu’une question ?

Mercredi 17 juin 2026
21h

« La réponse, affirme Maurice Blanchot, est le malheur de la question ».

Cette assertion semble particulièrement convenir à l’analyste, pour qui

l’émergence du sujet se signale avant tout par le surgissement d’une

question, voire d’une demande, qui le concerne en propre.

À l’inverse, le contexte de patients ne paraissant présenter aucune

question ne manque pas de signaler, pour le praticien, l’absence

régulière de toute position subjective. Lacan ne signale-t-il pas que «

dans la psychose, la réponse arrive avant la question » ?

Une question authentique, à la faveur

de rester ouverte, s’avère ainsi

régulièrement fondatrice. Elle peut

constituer le fil rouge d’une existence,

et se révéler plus fiable que n’importe

quelle mauvaise réponse dont on sait

que la modernité n’est pas avare. La

réponse donne toutefois son

étymologie au registre de la

responsabilité. On sait que Lacan

résout ce paradoxe en indiquant que

pour l’analyste « la responsabilité,

c’est répondre… à côté ».

On s’interrogera donc sur les enjeux

cliniques d’une telle opposition, voire

d‘une articulation entre question et

réponse et sur la responsabilité du psychanalyste qui pourrait s’en

déduire.

Nous proposerons pour la première année de séminaire d’inviter des

personnalités extérieures au champ clinique intéressées par la question

dans le domaine des sciences du religieux et des arts.