« La réponse, affirme Maurice Blanchot, est le malheur de la question ».
Cette assertion semble particulièrement convenir à l’analyste, pour qui
l’émergence du sujet se signale avant tout par le surgissement d’une
question, voire d’une demande, qui le concerne en propre.
À l’inverse, le contexte de patients ne paraissant présenter aucune
question ne manque pas de signaler, pour le praticien, l’absence
régulière de toute position subjective. Lacan ne signale-t-il pas que «
dans la psychose, la réponse arrive avant la question » ?
Une question authentique, à la faveur
de rester ouverte, s’avère ainsi
régulièrement fondatrice. Elle peut
constituer le fil rouge d’une existence,
et se révéler plus fiable que n’importe
quelle mauvaise réponse dont on sait
que la modernité n’est pas avare. La
réponse donne toutefois son
étymologie au registre de la
responsabilité. On sait que Lacan
résout ce paradoxe en indiquant que
pour l’analyste « la responsabilité,
c’est répondre… à côté ».
On s’interrogera donc sur les enjeux
cliniques d’une telle opposition, voire
d‘une articulation entre question et
réponse et sur la responsabilité du psychanalyste qui pourrait s’en
déduire.
Nous proposerons pour la première année de séminaire d’inviter des
personnalités extérieures au champ clinique intéressées par la question
dans le domaine des sciences du religieux et des arts.