Les deux numéros du Journal français de psychiatrie que nous consacrons à l’automatisme mental de Clérambault tentent de répondre à cette exigence : ré-aborder une clinique qui, pour paraître désuète, n’en garde pas moins une pertinence qui se manifeste dans l’usage quotidien que nous en avons. Mais il ne s’agit pas de ressortir de vieux grimoires ou de mettre en avant une sorte de curiosité historique. Jean-Jacques Tyszler indique en quelques mots notre enjeu : « Toutes les questions de la psychiatrie classique, ce que nous appelons les tableaux, ne sont qu’une foule de questions humaines, énorme, hiérarchisée, complexe, dont nous n’avons pas fait le tour. »

Le n° 45 du jfp a abordé l’histoire et la clinique de ce concept controversé. Et l’automatisme mental ne nous introduit pas moins qu’à la question du rapport de l’homme au langage. Qu’est-ce que parler veut dire ? Voilà à quoi ce syndrome S, comme souhaitait l’appeler de Clérambault, nous invite et qui fait l’objet de ce second numéro.

L’étude de l’automatisme mental nous permettrait-elle d’approcher de plus près la physiologie de ce que Lacan nommait le parlêtre, ce qui constitue notre rapport au langage comme aux affects et à la motricité ?