Nouvel enseignement du mercredi, calendrier à venir

 

Pour occuper la place qui est la sienne, l’analyste s’enseigne assurément de l’expérience issue de son propre trajet psychopathologique, mais le réel qu’il a traversé dans sa cure le conduit également à côtoyer des registres inaccoutumés de la temporalité et de l’espace. Comment rendre compte des conséquences de cette expérience sur sa pratique, voire sur les modalités d’interventions inédites qu’il peut être amené à proposer ?
L’abord des psychoses oblige également l’analyste à se confronter à des registres distincts de son habitus le plus quotidien. « Si j’étais plus psychotique, je serais probablement meilleur analyste » affirme Jacques Lacan, en 1977. On peut douter que le propos n’ait que la fonction d’une boutade, si l’on considère qu’il a été tenu lors de la discussion qui suivait l’ouverture de la section clinique, c’est à dire le lieu où les analystes avaient l’opportunité de se former à la clinique psychiatrique. Que peut, en effet, apprendre l’analyste de sa fréquentation de la folie ? On fera l’hypothèse que l’analyste, dans son atopie, peut s’instruire du registre de l’entre-deux-morts voire de l’expérience mélancolique, pour occuper la place spécifique à laquelle il est sollicité dans le déroulement de la cure.
La lecture d’écrits freudiens (Remémoration, répétition et perlaboration, Construction dans l’analyse…) et lacaniens (L’Ethique de la psychanalyse…) soutiendra, dans ce contexte, notre réflexion.