Mardi 09 juin 2020
21h00

Groupe de recherche

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Lettre de relance ! Entendons, lors du séminaire déconfiné de Sainte-Anne, cet analysant qui « appelle » son analyste. Après 4 à 5 semaines de séances dîtes téléphoniques durant le confinement, l'analysant pose une question au bout du fil : « est-ce qu'on peut faire une vraie séance maintenant? » Qu'attend-il ? Qu'appelle-t-il, ce patient ? L'appel comme vous le savez fonde « l'Esquisse » de Freud, l'appel fonde ce que Freud appèlera la vie psychique. L'appel aspire en même temps qu'il renonce à l'abolition de la tension dans l'inertie, à l'ex-pulsion de la mort dans la vie. La vie, dit Lacan, ne songe qu'à mourir : comme nous le savons ce rêve est la voie royale d'accès à l'inconscient. Qu'est ce qu'une « vraie séance » ? Nous avons beaucoup parlé du setting les semaines précédentes. Les dits-analystes-lacaniens le mépriseraient : le setting, la réalité de la scène analytique, serait la résistance de l'analyste anglo-saxon ! La crise du cadre (setting), le vacillement de la réalité de la cure, notamment du temps fixe des séances, marquerait l'analyse dite lacanienne, au point que nous pourrions nous demander si la scansion ne ferait pas office de setting lacanien (en cela, les dits-analystes-lacaniens ne font pas comme Lacan, ils l'imitent). Quel analyste pourtant n'a pas ressentit d'angoisse dans la crise actuelle de la réalité de la cure ? Passons-nous sans angoisse à des consultations par téléphone ou par « visio » comme on dit désormais, à l'envoi d'un RIB pour le paiement de séances par virement bancaire ? Le paiement de la séance à l'unité, en liquide, est un setting auquel même les analystes-dits-lacaniens n'avaient pas renoncé jusqu'alors... Sans divan, sans cabinet, sans rite, la scène analytique dénudée se précarise, c'est à dire qu'elle se radicalise. « Est-ce qu'on peut faire une vraie séance maintenant ? ». Que serait une « vraie séance » ? Le patient précise : « maintenant », ce qui n'est pas sans faire écho en moi, à l'une des mes analysantes cette-fois, qui précédait chacun de ses appels (téléphoniques), durant le confinement, d'un texto : « est-ce que je peux vous appeler maintenant ? », où s'articule la question fondatrice. Qu'est ce qui insiste dans ce « maintenant » ? Peut-être le présent d'une séance au delà de « La » clinique reproductible, transmissible, scientifique, le temps d'une séance au delà du fantasme d'une clinique morte. Ne serions nous coupables que de céder sur ce que l'analysant demande : une « vraie séance » ? Une fausse séance serait-elle ce que nous appelons, lâchement, un constat clinique ? Cette lâcheté pose la question de l'éthique de l'analyste. L'angoisse, dit Lacan, est le seul affect qui ne trompe pas. Si tant est qu'une séance court son risque, l'angoisse dont parle Bion avant chaque séance, l'angoisse de l'analyste, l'angoisse de celui qui aurait horreur de son acte (Lacan), sera au rendez vous. « Est-ce qu'on peut faire une vraie séance maintenant » ? C'est du verbatim du patient, comme nous l'a enseigné Marcel Czermak, qu'il nous faudra partir le 9 juin. Amicalement. Elsa Caruelle-Quilin.   pour participer cliquer ici

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